nature morte ->voir
Nature morte est un diaporama, 245 images défilent sur un écran plat. Le temps de d’apparition de chaque image est de environ 1 seconde. Entre chaque image, un fondu enchaîné donne un souffle, une respiration qui rythme légèrement la séquence.
Les images sont issues de montages informatiques de coupes réalisées dans un bouquet de fleurs et se succèdent.
Il y a, dans le temps, l’exploration d’un volume. La hauteur du bouquet correspond à la durée de la séquence. Nous nous écartons de la « grammaire » cinématographique, pas de travelling, de plongée… Pour extraire la plus simple définition du cinéma, son unité de mesure, le photogramme (au cinéma, 24 photogrammes -images- par seconde)
On peut avoir l’impression que les formes isolées sur un même plan jouent avec le fond, sont mangées par lui ou s’en détache.
Chaque image est isolée, il n’y a jamais une vue d’ensemble, cependant les transitions en fondue créées un rythme qui lie l’ensemble dans une tension. Un scénario propre au sujet se construit sous nos yeux. À la manière de Giusepe Penone, en explorant les formes végétales de l’intérieur, nous découvrons leur histoire. D’une tige, des feuilles sortent et au bout, un bouton, qui devient fleur…
Par les nouveaux dispositifs de monstration et de production de l’image, j’interroge ce que peut être la photographie aujourd’hui, un diaporama, sorte de cinéma primitif. À la question de l’aura, de W. Benjamin et celle d’une photo plasticienne autonome du sujet de Barthe s’ajoute maintenant la multitude du point de vue (univoque ou non), le temps de défilement et la dématérialisation du support échappant à l’artiste.
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